Terrasse : ces plantes suspendues transforment votre extérieur en un petit coin de paradis végétal

Terrasse : ces plantes suspendues transforment votre extérieur en un petit coin de paradis végétal

Une terrasse nue, c’est souvent une occasion manquée.

Quand on n’a pas de jardin, ou que l’espace au sol est limité, le regard monte naturellement vers le haut, vers ces mètres carrés de murs et de plafonds inexploités.

Suspendre des plantes, c’est précisément récupérer cette surface perdue pour en faire quelque chose de vivant.

Ce n’est pas une tendance décorative de plus : c’est une vraie façon de repenser l’espace extérieur, d’apporter de la fraîcheur, de l’intimité et du mouvement à un endroit qui en manquait.

Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ça ne demande pas de compétences particulières en jardinage, juste un peu de méthode et les bons choix au départ.

Pourquoi suspendre des plantes plutôt que de les poser au sol

La question mérite d’être posée franchement. Poser des pots au sol, c’est simple, accessible, et ça fonctionne. Mais sur une terrasse, chaque mètre carré au sol a une valeur pratique : on y circule, on y installe des chaises, une table, parfois un barbecue. Dès que la terrasse est un peu petite, les pots au sol deviennent vite encombrants et finissent par gêner plus qu’ils n’embellissent.

Suspendre les plantes résout ce problème d’un coup. L’espace au sol reste libre, et la végétation prend place en hauteur, là où elle ne gêne personne. Mais il y a d’autres avantages moins évidents. Les plantes suspendues bénéficient souvent d’une meilleure exposition à la lumière, surtout sur les terrasses encaissées ou entourées de murs. Elles sont aussi plus à l’abri des limaces et des escargots, ce qui change la vie quand on cultive des herbes aromatiques ou des fraisiers.

Sur le plan esthétique, la hauteur crée de la profondeur. Une terrasse avec des plantes à différents niveaux — au sol, sur des étagères, en suspension — donne une impression de jungle maîtrisée, bien plus intéressante visuellement qu’une rangée de pots alignés par terre.

Choisir le bon système de suspension selon sa terrasse

Avant de choisir les plantes, il faut réfléchir à la structure. C’est l’étape que beaucoup de gens sautent, et c’est souvent là que tout se complique par la suite.

Les crochets muraux et les tringles

C’est la solution la plus simple et la plus répandue. On fixe des crochets en métal directement dans le mur ou dans la rambarde de la terrasse, et on y accroche des pots munis d’une anse ou d’un filet. Pour que ça tienne dans le temps, il faut utiliser des chevilles adaptées au type de mur — béton, parpaing ou brique — et ne pas négliger la charge. Un pot de taille moyenne rempli de terre et arrosé peut facilement peser entre 5 et 10 kilos. Mieux vaut prévoir large.

Les tringles horizontales, fixées entre deux murs ou entre deux montants, permettent de multiplier les points d’accroche sans multiplier les trous dans les murs. C’est une option intéressante pour créer un effet rideau végétal sur toute une longueur de terrasse.

Les pergolas et les structures autoportantes

Si la terrasse est équipée d’une pergola, c’est un support naturel et solide pour suspendre des plantes. Les poutres en bois ou en métal supportent facilement des charges importantes, et on peut varier les hauteurs en jouant sur la longueur des cordes ou des chaînes. Le résultat est souvent très réussi, avec des plantes retombantes qui créent un plafond végétal au-dessus de la zone de vie.

Pour ceux qui n’ont ni mur porteur ni pergola, les structures autoportantes — des portiques ou des arches en métal — offrent une alternative. Elles se posent simplement sur le sol et peuvent être déplacées selon les besoins. Leur seule limite, c’est la stabilité par grand vent : il faut les lester ou les fixer au sol si la terrasse est exposée.

Les systèmes de pots modulaires

Le marché propose aujourd’hui des systèmes de pots modulaires spécialement conçus pour les murs et les balustrades. Certains s’accrochent directement sur la rambarde sans aucune fixation dans le mur, d’autres s’emboîtent pour former des colonnes végétales. Ces solutions sont particulièrement pratiques en location, où percer les murs est souvent interdit.

Quelles plantes choisir pour une suspension en terrasse

Toutes les plantes ne se prêtent pas à la suspension. Il faut tenir compte de plusieurs critères : le poids du pot, la résistance au vent, les besoins en eau et en lumière, et bien sûr l’effet visuel recherché.

Les plantes retombantes

Ce sont les grandes classiques de la suspension, et pour cause : leurs tiges qui cascadent vers le bas créent un effet naturellement spectaculaire. Parmi les plus robustes et les plus faciles à entretenir en terrasse, on trouve :

  • Le lierre (Hedera helix) : indestructible, résistant au froid, il pousse dans presque toutes les expositions. Attention à sa croissance rapide qui peut vite devenir envahissante.
  • La lobélie retombante (Lobelia erinus) : idéale pour les suspensions colorées, elle fleurit abondamment de mai à octobre dans les tons bleu, violet et blanc.
  • Le géranium lierre (Pelargonium peltatum) : un incontournable des terrasses méditerranéennes, très résistant à la chaleur et à la sécheresse.
  • Le sédum (Sedum morganianum) : une plante grasse aux tiges pendantes, parfaite pour les expositions ensoleillées et les propriétaires qui oublient parfois d’arroser.
  • La tradescantia : très décorative avec ses feuilles bicolores, elle supporte bien la mi-ombre mais est sensible au gel.

Les herbes aromatiques en suspension

Suspendre des herbes aromatiques sur une terrasse, c’est à la fois pratique et esthétique. Le basilic, la menthe, le thym et le romarin se cultivent très bien en pots suspendus, à condition de les arroser régulièrement car les pots en hauteur sèchent plus vite. La menthe mérite une mention particulière : elle est tellement envahissante en pleine terre que la cultiver en pot suspendu est presque la seule façon de la maîtriser.

Les fougères et les plantes de mi-ombre

Les terrasses orientées nord ou encaissées entre des bâtiments manquent souvent de lumière directe. Les fougères sont alors des alliées précieuses. La Nephrolepis exaltata, aussi appelée fougère de Boston, est particulièrement adaptée à la suspension grâce à ses frondes arquées qui retombent élégamment. Elle aime l’humidité et la mi-ombre, et supporte les étés chauds si on l’arrose suffisamment.

L’arrosage : le défi numéro un des plantes suspendues

C’est le point sur lequel il ne faut pas se voiler la face : les plantes suspendues s’assèchent beaucoup plus vite que les plantes posées au sol. Exposées au vent et à la chaleur, les racines chauffent rapidement dans des pots souvent petits, et l’eau s’évapore à toute vitesse. En plein été, certaines suspensions peuvent nécessiter un arrosage quotidien, voire deux fois par jour pour les espèces les plus gourmandes.

Plusieurs solutions permettent de limiter cette contrainte :

  1. Choisir des pots avec réserve d’eau intégrée : ces pots à double fond stockent l’eau en excès et la restituent progressivement aux racines. Ils peuvent diviser par deux la fréquence d’arrosage.
  2. Ajouter de l’hydrogel au substrat : ces petites billes de polymère absorbent l’eau et la libèrent lentement. Elles sont particulièrement utiles pour les absences prolongées.
  3. Installer un système de goutte-à-goutte : des kits spécialement conçus pour les suspensions existent dans le commerce. Un programmateur d’arrosage permet d’automatiser complètement l’arrosage, même pendant les vacances.
  4. Utiliser un substrat adapté : les terres universelles classiques se tassent et retiennent mal l’eau dans les petits pots. Un mélange à base de terreau spécial géraniums ou de substrat allégé avec de la perlite donne de meilleurs résultats.

Composer une terrasse végétale suspendue : les règles d’harmonie

Suspendre des plantes au hasard peut donner un résultat brouillon. Quelques principes simples permettent de créer une composition cohérente et visuellement agréable.

Le premier, c’est de jouer sur les hauteurs différentes. Des suspensions toutes à la même hauteur donnent un effet monotone. En variant les longueurs des cordes ou des chaînes, on crée du mouvement et de la profondeur. Une règle empirique : travailler sur au moins trois niveaux distincts.

Le deuxième, c’est de limiter la palette de couleurs. On est souvent tenté d’acheter des plantes fleuries de toutes les couleurs, et le résultat final ressemble à un feu d’artifice. Deux ou trois couleurs bien choisies, déclinées dans différentes nuances, donnent un résultat bien plus élégant.

Le troisième, c’est de mélanger les textures. Associer des feuillages fins et des feuillages larges, des plantes retombantes et des plantes plus dressées, crée un contraste intéressant qui donne du caractère à l’ensemble.

Enfin, il ne faut pas négliger les contenants eux-mêmes. Des pots en terre cuite, des paniers en osier doublés de toile de jute, des pots en céramique émaillée ou même des objets détournés comme des boîtes de conserve ou des passoires — le choix du contenant participe pleinement à l’esthétique de la terrasse. La cohérence des matériaux entre les différents pots renforce l’impression d’un ensemble pensé et maîtrisé.

Entretien et hivernage des plantes suspendues

L’entretien au quotidien se résume principalement à l’arrosage et à la suppression des fleurs fanées, qui stimule la production de nouvelles fleurs et évite que la plante ne monte à graine prématurément.

La fertilisation est souvent négligée, alors qu’elle est particulièrement importante pour les plantes en suspension. Dans un petit volume de substrat, les nutriments s’épuisent rapidement, surtout avec des arrosages fréquents qui lessivent la terre. Un engrais liquide pour plantes fleuries ou pour plantes vertes, apporté toutes les deux semaines pendant la période de croissance, fait une différence notable sur la vigueur et la floraison.

À l’approche de l’hiver, les espèces sensibles au gel — géraniums lierres, tradescantias, sédum — doivent être rentrées ou protégées. Les espèces rustiques comme le lierre ou certaines fougères peuvent rester dehors, mais il est préférable de les descendre de leur suspension pour les protéger des vents froids qui dessèchent le feuillage et les racines.

Au printemps, c’est le moment idéal pour rempoter les plantes qui ont passé l’hiver en intérieur, en remplaçant une partie du substrat épuisé par du terreau frais. C’est aussi le moment de tailler les tiges qui ont poussé de façon désordonnée pendant l’hiver pour retrouver une silhouette compacte et généreuse dès les premiers beaux jours.

4.1/5 - (3 votes)